Bienvenue sur Ve République
La politique française en chiffres
Je m’appelle Maxime Tiran. Pendant dix-sept ans, j’ai travaillé chez Google — à Paris, à New York, puis dans la région de la baie de San Francisco, où je vis aujourd’hui. J’y ai passé l’essentiel de ma carrière au contact des données : à les collecter, les nettoyer, les faire parler. Et s’il est une chose qui me passionne plus encore que les données brute, c’est l’art de la rendre lisible : la visualisation.
Je suis aussi, je l’avoue, un lecteur compulsif d’actualité, des deux côtés de l’Atlantique. C’est en lisant assidument la presse française et la presse américaine que j’ai .
Aux États-Unis, tout un écosystème de journalisme de données s’est construit autour de la politique : agrégateurs de sondages, modèles de prévision, cartes électorales d’une précision redoutable. Des marques comme FiveThirtyEight ou The Upshot font désormais partie du décor médiatique.
En France, l’offre est plus rare. Le journalisme de données y progresse, mais reste l’exception ; et faute d’un véritable agrégateur de sondages, je me suis souvent senti démuni — alors que notre vie politique en produit à foison. Une frustration de lecteur, donc, plus qu’un reproche.
C’est à cette frustration que Ve République voudrait, à sa mesure, commencer à répondre.
Ce que vous ne trouverez (presque) nulle part ailleurs
Les résultats au niveau de chaque bureau de vote — la maille la plus fine qui soit, cartographiée, pour l’ensemble des scrutins depuis 2000.
Le parcours électoral des candidats, élection après élection.
La grande majorite des scrutins de la Ve République (référendums, sénatoriales)
L’historique des sondages — et notamment les cotes de popularité, patiemment reconstituées auprès d’une douzaine d’instituts et remontées jusqu’en 1958, aux toutes premières mesures de l’IFOP.
Les marchés de prédiction — ces plateformes où l’on parie sur l’issue d’évènements (élections, décisions, etc…), et dont les cotes se lisent comme une probabilité en temps réel. Familiers des médias américains, qui les citent volontiers, ils restent largement méconnus en France.
Une première étape
Bâtir tout cela commence par un travail ingrat mais fondamental : collecter, agréger et nettoyer les données de base. Les résultats de (presque) toutes les élections depuis 1958, les sondages, les découpages électoraux successifs… C’est très largement ce chantier qui aboutit aujourd’hui — du moins à une première étape.
Je ne pars évidemment pas de rien. Ce travail doit énormément à celles et ceux qui l’ont précédé et rendu possible : les instituts de sondage, data.gouv.fr et l’administration qui l’alimente, le Centre de données socio-politiques de Sciences Po, les travaux de Thomas Piketty et Julia Cagé réunis dans Une histoire du conflit politique, ainsi que les innombrables contributeurs de Wikipédia. Ve République agrège, met en forme et donne à voir ; l’essentiel de la matière première, je la leur dois.
Je dis bien « première étape ». Tout n’est pas parfait : les scrutins les plus anciens réservent encore leur lot de trous et d’approximations, que je compte combler au fil du temps.
Et ensuite ?
Mon ambition est de passer progressivement des données brites à l’analyse : proposer des lectures, des visualisations et des éclairages innovants. L’actualité s’en chargera pour partie. La présidentielle se tiendra en mai prochain, et la campagne s’ouvrira dès septembre : autant dire que les occasions de faire parler les chiffres ne vont pas manquer.
Un dernier mot. Ve République est, pour l’heure, une aventure d’un seul homme : j’en suis à la fois l’ingénieur, le cartographe, l’analyste et l’auteur de ces lignes. Sa devise, je l’emprunte à Tocqueville : « Il faut une science politique nouvelle à un monde tout nouveau. » C’est l’objectif ambitieux que je me vise.
Qui dit une seule personne dit aussi une seule paire d’yeux, là où il en faudrait mille. C’est ici que vous entrez en jeu. Une erreur dans un chiffre, un scrutin manquant, une idée de visualisation, une critique de méthode : tout m’est précieux. Vous trouverez toutes les façons de me joindre sur la page contact — formulaire de signalement ou e-mail — et vous pouvez bien sûr laisser un commentaire sous les publications. Ve République sera meilleure si on la construit à plusieurs.
Enfin, si le projet vous intéresse, abonnez-vous : c’est gratuit, et vous ne recevrez qu’un e-mail par semaine environ — pas de quoi encombrer votre boîte de réception.
Bienvenue. Et merci d’être là dès le premier jour.


