<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:googleplay="http://www.google.com/schemas/play-podcasts/1.0"><channel><title><![CDATA[Vᵉ République]]></title><description><![CDATA[La politique francaise en chiffres : prédiction de l'élection présidentielle de 2027, résultat détaillés des elections passées, sondages, analyses]]></description><link>https://news.5erepublique.fr</link><image><url>https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!6DG6!,w_256,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F8b16a49c-4e54-4387-b8ee-ba41a938e43c_1000x1000.png</url><title>Vᵉ République</title><link>https://news.5erepublique.fr</link></image><generator>Substack</generator><lastBuildDate>Thu, 27 Aug 2026 09:27:08 GMT</lastBuildDate><atom:link href="https://news.5erepublique.fr/feed" rel="self" type="application/rss+xml"/><copyright><![CDATA[Maxime Tiran]]></copyright><language><![CDATA[fr]]></language><webMaster><![CDATA[5erepublique@substack.com]]></webMaster><itunes:owner><itunes:email><![CDATA[5erepublique@substack.com]]></itunes:email><itunes:name><![CDATA[Maxime Tiran]]></itunes:name></itunes:owner><itunes:author><![CDATA[Maxime Tiran]]></itunes:author><googleplay:owner><![CDATA[5erepublique@substack.com]]></googleplay:owner><googleplay:email><![CDATA[5erepublique@substack.com]]></googleplay:email><googleplay:author><![CDATA[Maxime Tiran]]></googleplay:author><itunes:block><![CDATA[Yes]]></itunes:block><item><title><![CDATA[Trop d’accord]]></title><description><![CDATA[Nous nous m&#233;fions des sondages lorsqu&#8217;ils se contredisent. Nous devrions aussi nous m&#233;fier lorsqu&#8217;ils sont tous d&#8217;accord.]]></description><link>https://news.5erepublique.fr/p/trop-daccord</link><guid isPermaLink="false">https://news.5erepublique.fr/p/trop-daccord</guid><dc:creator><![CDATA[Maxime Tiran]]></dc:creator><pubDate>Wed, 26 Aug 2026 01:14:31 GMT</pubDate><enclosure url="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!VO0u!,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Fca7fb193-e8a7-4de8-9acb-b53d7710177b_1220x510.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<div class="callout-block" data-callout="true"><p>D&#8217;abord un petit rappel&nbsp;: <a href="https://tolunacorporate.com/wp-content/uploads/2026/08/Rapport-Toluna-Barometre-Presidentielle-2027-Vague-4-M6-RTL-Aout-2026.pdf">un nouveau sondage Toluna/Harris interactive pour M6 et RTL</a> vient de refermer la tr&#234;ve estivale des sondeurs pour la pr&#233;sidentielle de 2027. Notre mod&#232;le de pr&#233;diction a &#233;t&#233; mis &#224; jour et il profite essentiellement &#224; Marine Le Pen dont les chances de gagner passent de 63 &#224; 75&nbsp;%, tandis que celles d&#8217;Edouard Philippe passent de 29 &#224; 18&nbsp;%. Si Jean-Luc M&#233;lenchon progresse de 1 point dans les intentions de vote du premier tour, le mod&#232;le n&#8217;enregistre qu&#8217;une augmentation de ses chances de victoire de 4,1 &#224; 4,5&nbsp;%</p><p></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://5erepublique.fr/sondages/prevision-2027&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Voir les derni&#232;res pr&#233;visions&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://5erepublique.fr/sondages/prevision-2027"><span>Voir les derni&#232;res pr&#233;visions</span></a></p></div><p>Les sondages de la pr&#233;sidentielle de 2017 ont laiss&#233; le souvenir d&#8217;un succ&#232;s. Ils avaient identifi&#233; les deux finalistes du premier tour. Ils avaient annonc&#233; la victoire d&#8217;Emmanuel Macron au second. Le r&#233;sultat essentiel &#233;tait donc l&#224;&nbsp;: le bon duel, puis le bon pr&#233;sident.</p><p>Ce souvenir dit moins de choses sur les sondages que sur la mani&#232;re dont nous les jugeons.</p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://news.5erepublique.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Merci d'avoir lu V&#7497; R&#233;publique ! Abonnez-vous gratuitement pour recevoir de nouveaux posts et soutenir mon travail.</p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Tapez votre e-mail&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="S'abonner"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div><p>Le 4 mai 2017, trois jours avant le second tour, Odoxa, Elabe et OpinionWay publient leur derni&#232;re estimation. Les trois instituts ont interrog&#233; des personnes diff&#233;rentes, dans des &#233;chantillons diff&#233;rents&nbsp;: 998 pour le premier, 1&nbsp;009 pour le deuxi&#232;me, 1&nbsp;500 pour le troisi&#232;me. </p><p>Ils donnent pourtant exactement le m&#234;me score &#224; Emmanuel Macron&nbsp;: 62&nbsp;%. Ipsos publie 61,5&nbsp;% le m&#234;me jour. Aucun des dix derniers sondages ne d&#233;passe 63&nbsp;%. </p><p>Emmanuel Macron obtient finalement 66,1&nbsp;%.</p><p>Les sondages n&#8217;avaient pas seulement sous-estim&#233; sa victoire. Ils s&#8217;&#233;taient presque tous tromp&#233;s de la m&#234;me mani&#232;re. </p><p>Cela n&#8217;a pas provoqu&#233; de grand proc&#232;s des m&#233;thodes. Le vainqueur &#233;tait le bon&nbsp;: l&#8217;essentiel semblait sauf. Quelques analystes &#233;trangers ont bien relev&#233; l&#8217;anomalie, mais elle n&#8217;est pas devenue le souvenir collectif de l&#8217;&#233;lection.</p><p>Nous avons le r&#233;flexe inverse lorsque deux sondages se contredisent. Alors, les titres interrogent les m&#233;thodes, les candidats d&#233;noncent les redressements et les sondeurs doivent expliquer pourquoi leur chiffre n&#8217;est pas celui du voisin. L&#8217;histoire politique fran&#231;aise en offre des exemples depuis plus d&#8217;un demi-si&#232;cle. </p><p>Cette asym&#233;trie nous fait mal lire les sondages. Un d&#233;saccord n&#8217;est pas n&#233;cessairement un d&#233;faut. Un accord n&#8217;est pas n&#233;cessairement une confirmation.</p><h3>Premi&#232;re r&#232;gle&nbsp;: deux bons sondages peuvent se contredire</h3><p>Un sondage n&#8217;interroge pas tout l&#8217;&#233;lectorat. Il en pr&#233;l&#232;ve un &#233;chantillon. Deux instituts qui travaillent parfaitement, le m&#234;me jour et sur la m&#234;me population, ne s&#233;lectionneront pas exactement les m&#234;mes personnes. Ils ne devraient donc pas toujours obtenir le m&#234;me r&#233;sultat.</p><p>Imaginons deux enqu&#234;tes de 1&nbsp;000 personnes dans une course tr&#232;s serr&#233;e. La premi&#232;re trouve un candidat &#224; 49&nbsp;%, la seconde &#224; 51&nbsp;%. Politiquement, leurs conclusions paraissent oppos&#233;es&nbsp;: l&#8217;une le donne perdant, l&#8217;autre gagnant. Statistiquement, elles racontent presque la m&#234;me chose&nbsp;: la course est trop serr&#233;e pour d&#233;signer un favori certain.</p><p>C&#8217;est la premi&#232;re difficult&#233; de lecture. Nous transformons quelques points d&#8217;&#233;cart en verdicts &#8212; &#171; untel gagne &#187;, &#171; untel passe devant &#187; &#8212; puis nous nous &#233;tonnons que deux verdicts se contredisent. Mais ce sont parfois les titres qui s&#8217;opposent davantage que les mesures. </p><p>&#192; l&#8217;incertitude de l&#8217;&#233;chantillon s&#8217;ajoutent les diff&#233;rences de m&#233;thode&nbsp;: choix des personnes interrog&#233;es, formulation des questions, estimation de la participation, correction des &#233;lectorats qui r&#233;pondent moins que les autres. Ces diff&#233;rences devraient produire encore un peu de dispersion. </p><p>Le d&#233;saccord entre instituts n&#8217;est donc pas un bruit qu&#8217;il faudrait toujours faire dispara&#238;tre. Il peut &#234;tre l&#8217;information principale.</p><h3>Quand les sondages divergent, tout le monde demande pourquoi</h3><h4>1969&nbsp;: un sondage accus&#233; de faire pression</h4><p>Le 1er juin 1969, Georges Pompidou et Alain Poher se qualifient pour le second tour. La veille, le comit&#233; de soutien de Poher proteste contre la publication par <em>France-Soir</em> d&#8217;un dernier sondage de l&#8217;IFOP. Il y voit une m&#233;thode s&#8217;apparentant davantage &#224; &#171; un moyen de pression &#187; qu&#8217;&#224; une information objective. Il souligne aussi les diff&#233;rences qu&#8217;il juge surprenantes avec les chiffres d&#8217;un autre institut.</p><p><a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1969/06/03/polemique-autour-des-sondages-d-opinion-france-soir-repond-a-la-protestation-des-amis-de-m-poher_3059085_1819218.html">Dans sa r&#233;ponse publi&#233;e par </a><em><a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1969/06/03/polemique-autour-des-sondages-d-opinion-france-soir-repond-a-la-protestation-des-amis-de-m-poher_3059085_1819218.html">Le Monde</a></em>, <em>France-Soir</em> d&#233;fend une pratique d&#8217;information&nbsp;: le journal publie les sondages de l&#8217;IFOP tels qu&#8217;ils lui parviennent, quels qu&#8217;en soient les r&#233;sultats. Les &#233;carts entre instituts, explique-t-il, peuvent venir de dates et de techniques d&#8217;entretien diff&#233;rentes. </p><p>La r&#233;action est d&#233;j&#224; celle que nous connaissons&nbsp;: si deux chiffres divergent, l&#8217;un d&#8217;eux doit se justifier. Le d&#233;saccord est lu comme un soup&#231;on avant d&#8217;&#234;tre lu comme une mesure de l&#8217;incertitude.</p><h4>1981&nbsp;: deux sondages, deux pr&#233;sidents</h4><p>Le 19 f&#233;vrier 1981, <em><a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1981/02/19/deux-sondages-contradictoires-figaro-sofres-m-mitterrand-l-emporterait-avec-52-paris-match-public-s-a-m-giscard-d-estaing-serait-reelu-avec-51_3039424_1819218.html">Le Monde</a></em><a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1981/02/19/deux-sondages-contradictoires-figaro-sofres-m-mitterrand-l-emporterait-avec-52-paris-match-public-s-a-m-giscard-d-estaing-serait-reelu-avec-51_3039424_1819218.html"> juxtapose deux enqu&#234;tes dans un m&#234;me titre</a>. La Sofres donne Fran&#231;ois Mitterrand vainqueur du second tour avec 52&nbsp;%. Public S.A. pr&#233;voit la r&#233;&#233;lection de Val&#233;ry Giscard d&#8217;Estaing avec 51&nbsp;%. </p><p>Deux pr&#233;sidents diff&#233;rents&nbsp;: la contradiction politique est spectaculaire. Mais les estimations de Mitterrand ne sont s&#233;par&#233;es que de trois points, dans une course proche de 50-50. C&#8217;est exactement la situation o&#249; deux &#233;chantillons peuvent raisonnablement basculer de part et d&#8217;autre de la majorit&#233;. </p><p>La m&#234;me campagne produira des &#233;carts beaucoup plus difficiles &#224; attribuer au hasard. En avril, deux enqu&#234;tes d&#8217;environ 5&nbsp;000 personnes diff&#232;rent de trois points sur Giscard. Sur de tels effectifs, c&#8217;est &#233;norme. La Commission des sondages <a href="https://www.commission-des-sondages.fr/hist/pdf/1981.pdf">publie une mise au point</a> et invoque les conditions d&#8217;enqu&#234;te, l&#8217;exp&#233;rience des instituts et les redressements appliqu&#233;s aux r&#233;sultats bruts. </p><p>Cet &#233;pisode montre les deux lectures possibles. Parfois, des sondages qui d&#233;signent deux vainqueurs diff&#233;rents ne sont pas r&#233;ellement incompatibles. Parfois, leur &#233;cart r&#233;v&#232;le bien une diff&#233;rence de m&#233;thode. Dans les deux cas, le d&#233;saccord d&#233;clenche l&#8217;enqu&#234;te.</p><h4>2006&nbsp;: &#171;&nbsp;Je ne sais pas quoi dire&nbsp;&#187;</h4><p>Les 12 et 13 octobre 2006, l&#8217;IFOP et TNS Sofres r&#233;alisent deux enqu&#234;tes sur des &#233;chantillons de l&#8217;ordre de 1&nbsp;000 personnes. L&#8217;IFOP donne Nicolas Sarkozy vainqueur d&#8217;un second tour contre S&#233;gol&#232;ne Royal, 53&nbsp;% contre 47&nbsp;%. TNS Sofres donne la r&#233;ponse inverse&nbsp;: Royal l&#8217;emporterait avec 51&nbsp;%.</p><p>L&#8217;article du <em>Monde</em> qui compare les deux enqu&#234;tes pose la question d&#232;s son titre&nbsp;: <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2006/10/18/pourquoi-deux-sondages-du-meme-jour-se-contredisent-ils_825079_3224.html">&#171;&nbsp;Pourquoi deux sondages faits le m&#234;me jour donnent-ils des intentions de vote contradictoires&nbsp;?&nbsp;&#187;</a></p><p>Fr&#233;d&#233;ric Dabi, alors directeur des &#233;tudes d&#8217;opinion &#224; l&#8217;IFOP, commence par reconna&#238;tre&nbsp;: &#171;&nbsp;Je ne sais pas quoi dire&#8230;&nbsp;&#187; Puis viennent les explications&nbsp;: les m&#233;thodes sont proches, mais pas identiques ; chaque institut poss&#232;de ses recettes de redressement ; les &#233;lecteurs certains d&#8217;aller voter et de leur choix ne sont pas trait&#233;s comme les autres ; un second tour hypoth&#233;tique, six mois avant l&#8217;&#233;lection, est particuli&#232;rement fragile.</p><p>Ce sont de bonnes explications. Mais le point de d&#233;part m&#233;rite d&#8217;&#234;tre retourn&#233;. Les deux sondages n&#8217;&#233;taient s&#233;par&#233;s que de quatre points sur le score de Royal. Leurs &#233;chantillons et leurs m&#233;thodes pouvaient produire cet &#233;cart sans qu&#8217;aucun des deux soit absurde. L&#8217;information commune aux deux enqu&#234;tes &#233;tait moins &#171;&nbsp;qui va gagner&nbsp;?&nbsp;&#187; que &#171;&nbsp;aucun candidat ne domine clairement&nbsp;&#187;.</p><h4>2012&nbsp;: chaque camp choisit son sondage</h4><p>En mars 2012, deux enqu&#234;tes r&#233;alis&#233;es presque simultan&#233;ment racontent &#224; nouveau deux campagnes diff&#233;rentes. L&#8217;IFOP place pour la premi&#232;re fois Nicolas Sarkozy devant Fran&#231;ois Hollande au premier tour, 28,5&nbsp;% contre 27&nbsp;%. TNS Sofres maintient Hollande en t&#234;te, 30&nbsp;% contre 26&nbsp;%. Au second tour, l&#8217;une donne Hollande &#224; 54,5&nbsp;%, l&#8217;autre &#224; 58&nbsp;%.</p><p><a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2012/03/14/des-sondages-qui-se-contredisent-et-des-interpretations-tres-politiques_5990189_823448.html">Le r&#233;cit publi&#233; &#224; l&#8217;&#233;poque</a> est r&#233;v&#233;lateur. L&#8217;UMP accueille la premi&#232;re enqu&#234;te avec euphorie ; la seconde redonne des couleurs aux socialistes. Puis on cherche ce qui peut expliquer le &#171;&nbsp;grand &#233;cart&nbsp;&#187;&nbsp;: diff&#233;rences dans les donn&#233;es brutes, redressements diff&#233;rents, tendance de certains instituts &#224; lisser une &#233;volution que d&#8217;autres accentuent. </p><p>Ici encore, la contradiction est trait&#233;e comme un probl&#232;me &#224; r&#233;soudre. Elle &#233;tait pourtant utile au lecteur. Elle signalait qu&#8217;une partie de la &#171;&nbsp;dynamique&nbsp;&#187; comment&#233;e chaque jour d&#233;pendait de choix de mesure et d&#8217;interpr&#233;tation. La bonne conclusion n&#8217;&#233;tait pas de choisir son institut pr&#233;f&#233;r&#233;, mais de r&#233;duire la confiance accord&#233;e &#224; chaque r&#233;cit.</p><h4>2017&nbsp;: quand l&#8217;accord n&#8217;a pas suscit&#233; les m&#234;mes questions</h4><p>En 2017, le ph&#233;nom&#232;ne inverse est visible avant m&#234;me de sortir une calculatrice. </p><p>&#192; six jours du premier tour, quatre instituts terminent leur terrain le m&#234;me jour et cr&#233;ditent Beno&#238;t Hamon du m&#234;me score. Le Cevipof a interrog&#233; 8 274 personnes, OpinionWay 2 423, Kantar Sofres 1 530, Elabe 1 170. Des &#233;chantillons allant du simple au septuple, constitu&#233;s s&#233;par&#233;ment. Les quatre publient 8,0&nbsp;%.</p><p>Douze jours plus t&#244;t, Odoxa, Elabe et Harris Interactive avaient d&#233;j&#224; publi&#233; le m&#234;me chiffre pour lui&nbsp;: 9,0&nbsp;%.</p><p>Fran&#231;ois Fillon offre un autre exemple. Entre la fin f&#233;vrier et la mi-avril, l&#8217;archive contient 60 estimations de son score. Cinquante-huit tiennent entre 17 et 20&nbsp;%. D&#232;s le 21 avril, le sp&#233;cialiste des sondage am&#233;ricain <a href="https://fivethirtyeight.com/features/the-french-election-is-way-too-close-to-call/">Harry Enten remarquait</a> qu&#8217;une telle stabilit&#233; &#233;tait tr&#232;s difficile &#224; expliquer par le seul hasard.</p><p>J&#8217;ai &#233;tudi&#233; ce ph&#233;nom&#232;ne dans 1 534 sondages pr&#233;sidentiels fran&#231;ais publi&#233;s depuis 1965. Pour chaque &#233;lection suffisamment document&#233;e, j&#8217;ai compar&#233; le d&#233;saccord r&#233;el entre instituts &#224; celui que produiraient des &#233;chantillons ind&#233;pendants de m&#234;me taille. </p><p>Le r&#233;sultat est important par sa mesure&nbsp;: les instituts fran&#231;ais ne s&#8217;accordent pas toujours trop. La plupart des &#233;lections ne pr&#233;sentent rien d&#8217;anormal. En 1981, 1988 et au premier tour de 2022, les sondages se contredisent m&#234;me davantage que ne le voudrait le seul hasard de l&#8217;&#233;chantillonnage. 1995 va dans le sens d&#8217;un resserrement, sans permettre de conclure.</p><p><strong>2017 est la seule &#233;lection qui sorte clairement du lot, aux deux tours.</strong></p><div id="datawrapper-iframe" class="datawrapper-wrap outer" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://datawrapper.dwcdn.net/CJQzM/1/&quot;,&quot;thumbnail_url&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/ca7fb193-e8a7-4de8-9acb-b53d7710177b_1220x510.png&quot;,&quot;thumbnail_url_full&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/03bc9413-d2bf-45d2-b97a-7a6d938e68f7_1220x630.png&quot;,&quot;height&quot;:307,&quot;title&quot;:&quot;Dispersion observ&#233;e entre instituts, rapport&#233;e &#224; celle qu&#8217;impose le hasard&quot;,&quot;description&quot;:&quot;&quot;,&quot;belowTheFold&quot;:true}" data-component-name="DatawrapperToDOM"><iframe id="iframe-datawrapper" class="datawrapper-iframe" src="https://datawrapper.dwcdn.net/CJQzM/1/" width="730" height="307" frameborder="0" scrolling="no" loading="lazy"></iframe><script type="text/javascript">!function(){"use strict";window.addEventListener("message",(function(e){if(void 0!==e.data["datawrapper-height"]){var t=document.querySelectorAll("iframe");for(var a in e.data["datawrapper-height"])for(var r=0;r<t.length;r++){if(t[r].contentWindow===e.source)t[r].style.height=e.data["datawrapper-height"][a]+"px"}}}))}();</script></div><p>Au second tour, un accord au moins aussi &#233;troit n&#8217;appara&#238;trait par hasard qu&#8217;un peu plus d&#8217;une fois sur cent. Une v&#233;rification limit&#233;e aux sondages achev&#233;s le m&#234;me jour aboutit &#224; la m&#234;me conclusion. Il ne s&#8217;agit donc pas seulement de plusieurs instituts ayant suivi ensemble un mouvement r&#233;el de l&#8217;opinion.</p><div id="datawrapper-iframe" class="datawrapper-wrap outer" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://datawrapper.dwcdn.net/2wRVb/1/&quot;,&quot;thumbnail_url&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/46913e25-6595-4fca-8138-014e42c393a9_1220x542.png&quot;,&quot;thumbnail_url_full&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/455dd6be-b7b0-4374-bbc3-70cc896f6421_1220x662.png&quot;,&quot;height&quot;:322,&quot;title&quot;:&quot;Score d&#8217;Emmanuel Macron dans les dix derniers sondages (2017 T2)&quot;,&quot;description&quot;:&quot;&quot;,&quot;belowTheFold&quot;:true}" data-component-name="DatawrapperToDOM"><iframe id="iframe-datawrapper" class="datawrapper-iframe" src="https://datawrapper.dwcdn.net/2wRVb/1/" width="730" height="322" frameborder="0" scrolling="no" loading="lazy"></iframe><script type="text/javascript">!function(){"use strict";window.addEventListener("message",(function(e){if(void 0!==e.data["datawrapper-height"]){var t=document.querySelectorAll("iframe");for(var a in e.data["datawrapper-height"])for(var r=0;r<t.length;r++){if(t[r].contentWindow===e.source)t[r].style.height=e.data["datawrapper-height"][a]+"px"}}}))}();</script></div><p>La moyenne des dix derniers sondages donnait 61,2&nbsp;% &#224; Emmanuel Macron. Le r&#233;sultat fut 66,1&nbsp;%. L&#8217;erreur atteint 4,9 points sur son score et 9,8 points sur l&#8217;&#233;cart entre les deux finalistes. Le sondage le plus favorable &#224; Macron le sous-estimait encore de 3,1 points.</p><p>Pourquoi cet &#233;pisode n&#8217;est-il pas entr&#233; dans la m&#233;moire des grands &#233;checs sondagiers&nbsp;? Parce que Macron avait gagn&#233;, comme pr&#233;vu. Au premier tour, Macron et Le Pen s&#8217;&#233;taient qualifi&#233;s, comme pr&#233;vu. Selon le bar&#232;me implicite du d&#233;bat public, les sondages avaient donc r&#233;ussi l&#8217;examen.</p><p>Ce bar&#232;me est beaucoup trop pauvre. </p><p>Une enqu&#234;te peut identifier le bon vainqueur et donner une image trompeuse de la course. &#192; 61-39 comme &#224; 66-34, le gagnant est le m&#234;me ; l&#8217;&#233;tat de l&#8217;opinion ne l&#8217;est pas. Une erreur de pr&#232;s de dix points sur l&#8217;&#233;cart entre les candidats devrait changer ce que nous pensons de la pr&#233;cision de la mesure, m&#234;me si elle ne change pas le nom du pr&#233;sident.</p><h3>Ce que l&#8217;accord fait dispara&#238;tre</h3><p>Le resserrement ne rend pas automatiquement les sondages faux. Le premier tour de 2017 &#233;tait lui aussi anormalement consensuel, mais les scores finaux furent plut&#244;t bien estim&#233;s. &#192; l&#8217;inverse, les instituts divergeaient franchement en 2022 sans &#233;viter plusieurs erreurs importantes.</p><p>Le probl&#232;me est ailleurs&nbsp;:  <strong>trop d&#8217;accord efface le signal d&#8217;alerte.</strong></p><p>Quand l&#8217;IFOP et TNS Sofres donnaient deux vainqueurs diff&#233;rents en 2006, le lecteur comprenait imm&#233;diatement que le second tour restait incertain. Quand dix instituts situaient Macron entre 59 et 63&nbsp;% en 2017, leur accord donnait au contraire l&#8217;impression d&#8217;une mesure verrouill&#233;e.</p><p>Or plusieurs sondages ne constituent des confirmations ind&#233;pendantes que si leurs erreurs le sont aussi. Des instituts qui recrutent de mani&#232;re proche, posent les m&#234;mes questions et corrigent leurs &#233;chantillons &#224; partir des m&#234;mes votes pass&#233;s peuvent partager une partie de leurs biais. Dix chiffres semblables ne valent alors pas dix preuves distinctes.</p><p>Cette fausse assurance se propage facilement. Les commentateurs d&#233;crivent une course stable. Les campagnes adaptent leur strat&#233;gie. Les mod&#232;les de pr&#233;vision resserrent leur incertitude. Tout le monde voit le consensus ; personne ne voit plus ce qui aurait d&#251; le faire respirer.</p><h3>Du r&#233;sultat brut au chiffre publi&#233;</h3><p>La convergence n&#8217;implique pas que les instituts copient leurs concurrents. Elle peut na&#238;tre de d&#233;cisions parfaitement professionnelles. </p><p>Les sondeurs ne publient pas directement les r&#233;ponses recueillies. Ils les redressent parce que les personnes qui acceptent de r&#233;pondre ne repr&#233;sentent pas parfaitement l&#8217;&#233;lectorat. Elles d&#233;clarent plus souvent avoir vot&#233; qu&#8217;avoir &#233;t&#233; abstentionnistes. Certains votes sont mieux assum&#233;s ou mieux m&#233;moris&#233;s que d&#8217;autres. Publier les donn&#233;es brutes telles quelles ne serait pas plus honn&#234;te&nbsp;: ce serait publier une population qui n&#8217;existe pas.</p><p>Mais il faut choisir comment corriger l&#8217;&#233;chantillon. Une notice d&#8217;OpinionWay du printemps 2017 pr&#233;sente le m&#234;me sondage sous neuf pond&#233;rations diff&#233;rentes, toutes d&#233;fendables. Selon celle qui est retenue, Emmanuel Macron se situe entre 22 et 28&nbsp;%, Fran&#231;ois Fillon entre 17 et 22&nbsp;%, Marine Le Pen entre 19 et 23&nbsp;%. </p><p>&#192; partir de ces estimations, l&#8217;institut doit publier un chiffre unique.</p><p>Un sondeur fran&#231;ais d&#233;crivait en 2004 comment cette latitude pouvait servir &#224; lisser une &#233;volution. Si diff&#233;rentes pond&#233;rations faisaient passer un candidat de 2 &#224; 4&nbsp;%, il publiait 3&nbsp;%, puis attendait la vague suivante avant de valider la hausse.</p><p>Ce r&#233;flexe peut sembler raisonnable. Un mouvement isol&#233; est peut-&#234;tre un accident d&#8217;&#233;chantillonnage. Mais si chaque institut h&#233;site &#224; publier l&#8217;atypique, les accidents disparaissent des r&#233;sultats visibles. Or quelques valeurs atypiques sont pr&#233;cis&#233;ment ce que des enqu&#234;tes ind&#233;pendantes devraient produire.</p><p>L&#8217;incitation professionnelle va dans le m&#234;me sens. Un institut qui se trompe avec neuf concurrents partage le bl&#226;me. Celui qui publie seul un chiffre spectaculaire et se trompe restera associ&#233; &#224; son erreur. Le consensus est confortable, m&#234;me lorsqu&#8217;il est faux.</p><p>Cela ne prouve pas que le redressement a caus&#233; le resserrement de 2017, ni qu&#8217;un alignement &#233;tait d&#233;lib&#233;r&#233;. Le test mesure un r&#233;sultat publi&#233;, pas une intention. Il montre seulement que la latitude existe et que les incitations r&#233;compensent rarement celui qui s&#8217;&#233;loigne du groupe.</p><h3>Cinq r&#233;flexes pour mieux lire les sondages</h3><p>Le but n&#8217;est pas de rejeter les sondages. C&#8217;est d&#8217;en tirer l&#8217;information qu&#8217;ils contiennent r&#233;ellement.</p><ol><li><p><strong>Ne transformez pas imm&#233;diatement un chiffre en vainqueur.</strong> &#192; 49&nbsp;% contre 51&nbsp;%, un sondage ne dit pas n&#233;cessairement qui gagnera. Il dit d&#8217;abord que la course est serr&#233;e. Les titres binaires font dispara&#238;tre l&#8217;incertitude.</p></li><li><p><strong>Regardez la fourchette entre instituts. </strong>Si plusieurs enqu&#234;tes comparables donnent un candidat entre 20 et 27&nbsp;%, l&#8217;&#233;cart n&#8217;est pas un embarras &#224; moyenner au plus vite. Il indique que son niveau est difficile &#224; mesurer. &#192; l&#8217;inverse, une fourchette &#233;tonnamment &#233;troite ne garantit pas la pr&#233;cision.</p></li><li><p><strong>Comparez ce qui est comparable.</strong> Les dates de terrain, la liste des candidats test&#233;s, la formulation de la question et les hypoth&#232;ses de participation comptent. Deux sondages publi&#233;s le m&#234;me jour peuvent porter sur des p&#233;riodes ou des sc&#233;narios diff&#233;rents.</p></li><li><p><strong>Pour suivre une &#233;volution, privil&#233;giez une s&#233;rie coh&#233;rente.</strong> Le passage de 24 &#224; 26&nbsp;% chez le m&#234;me institut, avec la m&#234;me m&#233;thode, est plus lisible que la comparaison d&#8217;un 24&nbsp;% chez l&#8217;un et d&#8217;un 26&nbsp;% chez l&#8217;autre. Et une hausse devient plus cr&#233;dible lorsque plusieurs s&#233;ries la d&#233;tectent s&#233;par&#233;ment.</p></li><li><p><strong>Apr&#232;s le vote, ne jugez pas seulement le podium. </strong>Demandez de combien les scores et les &#233;carts ont &#233;t&#233; manqu&#233;s, si tous les instituts se sont tromp&#233;s dans le m&#234;me sens, et si l&#8217;incertitude publi&#233;e &#233;tait &#224; la hauteur de l&#8217;erreur finale. Pr&#233;dire le bon vainqueur est utile. Ce n&#8217;est pas une mesure suffisante de la qualit&#233; d&#8217;un sondage.</p></li></ol><h3>La bonne question</h3><p>En 1969, 1981, 2006 et 2012, des sondages divergents ont imm&#233;diatement appel&#233; des explications. Cette vigilance n&#8217;&#233;tait pas absurde&nbsp;: les contradictions peuvent r&#233;v&#233;ler des m&#233;thodes diff&#233;rentes, des redressements discutables ou une opinion en mouvement. </p><p>Mais elles peuvent aussi &#234;tre le comportement normal de mesures ind&#233;pendantes. Et leur disparition peut &#234;tre plus trompeuse que leur pr&#233;sence. </p><p>2017 ne m&#233;rite donc pas d&#8217;&#234;tre relu comme une &#233;lection o&#249; &#171;&nbsp;les sondages avaient vu juste&nbsp;&#187; ou, &#224; l&#8217;inverse, comme la preuve que les sondeurs manipulent leurs r&#233;sultats. Son enseignement est plus simple&nbsp;: les sondages avaient identifi&#233; le vainqueur tout en sous-estimant leur propre incertitude.</p><p>Quand deux enqu&#234;tes se contredisent, nous demandons spontan&#233;ment laquelle s&#8217;est tromp&#233;e. Il faudrait parfois commencer par une autre question&nbsp;: <strong>qu&#8217;est-ce que leur d&#233;saccord nous apprend&nbsp;? </strong></p><p>Et quand elles disent toutes la m&#234;me chose, ne pas oublier celle-ci&nbsp;: <strong>comment des mesures ind&#233;pendantes peuvent-elles &#234;tre aussi parfaitement d&#8217;accord&nbsp;?</strong></p><div><hr></div><p><strong>Note m&#233;thodologique</strong></p><p>L&#8217;analyse porte sur 1&nbsp;534 sondages pr&#233;sidentiels fran&#231;ais r&#233;alis&#233;s par 23 instituts entre 1965 et 2027, soit environ 25&nbsp;000 intentions de vote relev&#233;es candidat par candidat. Pour chaque tour mesurable, je retiens le dernier sondage de chaque institut dans les trois derni&#232;res semaines. Les candidats doivent &#234;tre cr&#233;dit&#233;s d&#8217;au moins 5&nbsp;% et mesur&#233;s par au moins quatre instituts. </p><p>La dispersion observ&#233;e est compar&#233;e &#224; celle d&#8217;&#233;chantillons al&#233;atoires ind&#233;pendants de m&#234;me taille. La tendance temporelle est retir&#233;e afin de ne pas confondre un mouvement r&#233;el de l&#8217;opinion avec un accord entre instituts. Les probabilit&#233;s sont estim&#233;es par 40&nbsp;000 simulations qui tiennent compte du fait que les scores des candidats d&#8217;un m&#234;me sondage se partagent 100&nbsp;%.</p><p>Ce rep&#232;re est volontairement simple&nbsp;: les sondages fran&#231;ais utilisent des quotas, des panels et des pond&#233;rations, pas un tirage al&#233;atoire parfait. Le test &#233;tablit donc un resserrement par rapport &#224; ce rep&#232;re ; il n&#8217;en identifie ni la cause ni l&#8217;intention. </p><p>Neuf tours seulement offrent assez de donn&#233;es comparables. Les probabilit&#233;s ne sont pas corrig&#233;es pour le fait que ces neuf tours sont examin&#233;s ensemble&nbsp;: les r&#233;sultats de 2017 doivent &#234;tre lus comme un signal, pas comme la preuve d&#8217;un comportement d&#233;lib&#233;r&#233;. Une seconde analyse limit&#233;e aux sondages achev&#233;s le m&#234;me jour aboutit &#224; la m&#234;me conclusion.</p><p><strong>Principales sources</strong></p><ul><li><p><a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1969/06/03/polemique-autour-des-sondages-d-opinion-france-soir-repond-a-la-protestation-des-amis-de-m-poher_3059085_1819218.html">Le Monde, &#171; Pol&#233;mique autour des sondages d&#8217;opinion &#187;, 3 juin 1969</a></p></li><li><p><a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1981/02/19/deux-sondages-contradictoires-figaro-sofres-m-mitterrand-l-emporterait-avec-52-paris-match-public-s-a-m-giscard-d-estaing-serait-reelu-avec-51_3039424_1819218.html">Le Monde, &#171; Deux sondages contradictoires &#187;, 19 f&#233;vrier 1981</a></p></li><li><p><a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2006/10/18/pourquoi-deux-sondages-du-meme-jour-se-contredisent-ils_825079_3224.html">Alexandre Piquard, &#171; Pourquoi deux sondages faits le m&#234;me jour donnent-ils des  intentions de vote contradictoires&nbsp;? &#187;, 18 octobre 2006</a></p></li><li><p><a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2012/03/14/des-sondages-qui-se-contredisent-et-des-interpretations-tres-politiques_5990189_823448.html">Pierre Jaxel-Truer et Thomas Wieder, &#171; Des sondages qui se contredisent et des interpr&#233;tations tr&#232;s politiques &#187;, 14 mars 2012</a></p></li><li><p><a href="https://fivethirtyeight.com/features/the-french-election-is-way-too-close-to-call/">Harry Enten, &#171; The French Election Is Way Too Close To Call &#187;, 21 avril 2017</a></p></li><li><p><a href="https://fivethirtyeight.com/features/conventional-wisdom-may-be-contaminating-polls/">Nate Silver, &#171; Conventional Wisdom May Be Contaminating Polls &#187;, 9 mai 2017</a></p></li><li><p><a href="https://www.jstor.org/stable/3521621">Claire Durand, Andr&#233; Blais et Myl&#232;ne Larochelle, &#171; The Polls in the 2002 French Presidential Election: An Autopsy &#187;, 2004</a></p></li></ul><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://news.5erepublique.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Merci d'avoir lu V&#7497; R&#233;publique ! Abonnez-vous gratuitement pour recevoir de nouveaux posts et soutenir mon travail.</p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Tapez votre e-mail&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="S'abonner"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Qui va gagner en 2027 ? Les prévisions de notre nouveau modèle statistique]]></title><description><![CDATA[Une approche math&#233;matique rigoureuse combinant tous les sondages et leurs erreurs historiques pour &#233;tablir des probabilit&#233;s.]]></description><link>https://news.5erepublique.fr/p/qui-va-gagner-en-2027-les-previsions</link><guid isPermaLink="false">https://news.5erepublique.fr/p/qui-va-gagner-en-2027-les-previsions</guid><dc:creator><![CDATA[Maxime Tiran]]></dc:creator><pubDate>Thu, 13 Aug 2026 06:50:48 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/4eab1492-97e0-41d8-86bb-d0d6be9ea629_602x392.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Il reste un peu plus de huit mois avant le premier tour de la pr&#233;sidentielle. Les sondages s&#8217;accumulent : nous en avons archiv&#233; <strong><a href="https://5erepublique.fr/sondages/presidentielles-2027">51 vagues</a></strong> pour ce cycle, testant 105 configurations de candidatures diff&#233;rentes. Et aucune de ces enqu&#234;tes ne r&#233;pond &#224; la question que tout le monde se pose : <strong>qui va gagner ?</strong></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://5erepublique.fr/sondages/prevision-2027&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Consultez les pr&#233;visions du mod&#232;le&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://5erepublique.fr/sondages/prevision-2027"><span>Consultez les pr&#233;visions du mod&#232;le</span></a></p><div><hr></div><h3><strong>Un sondage n&#8217;est pas une pr&#233;vision</strong></h3><p>Un sondage mesure une intention d&#233;clar&#233;e, aujourd&#8217;hui, dans une hypoth&#232;se donn&#233;e. Une pr&#233;vision r&#233;pond &#224; une autre question : compte tenu de tout ce que l&#8217;on sait, quelle est la probabilit&#233; que chaque candidat soit &#233;lu pr&#233;sident en avril 2027 ? Entre les deux, il y a plusieurs diff&#233;rences&nbsp;:</p><p><strong>Le temps.</strong> Les sondages se trompent, soit individuellement, soit tous &#224; la fois (comme en 1995 ou 2002), et <a href="https://5erepublique.fr/sondages/presidentielles-historique">on sait de combien</a>. En reconstituant l&#8217;historique complet &#8212; <strong><a href="https://5erepublique.fr/sondages/presidentielles-historique">1 472 sondages sur les onze pr&#233;sidentielles de 1965 &#224; 2022</a></strong> &#8212; on mesure l&#8217;erreur typique : environ &#177;6 &#224; 7 points pour un favori &#224; neuf mois du scrutin, autour de &#177;2 points la veille. &#192; J-250, un candidat donn&#233; &#224; 33 % peut finir &#224; 27 comme &#224; 39.</p><p><strong>La performance</strong>. Un sondage est par definition une approximation dont la qualit&#233; d&#233;pend de l&#8217;&#233;chantillonnage et des m&#233;thodes de redressement appliqu&#233;es par les sondeurs. Combiner plusieurs sondages ind&#233;pendants en corrigeant les biais de chaque sondeur permet d&#8217;obtenir une meilleure pr&#233;vision comme l&#8217;ont montr&#233; <a href="https://www.uh.edu/hobby/eitm/_docs/past-lectures/2015-lectures/harold-clarke/pooling-the-polls-over-an-election-campaign.pdf">certaines &#233;tudes</a>. </p><p><strong>Une avance n&#8217;est pas une probabilit&#233;.</strong> Si les sondages d&#233;terminent qu&#8217;un candidat a deux points d&#8217;avance sur son concurrent, sa probabilit&#233; de gagner est quasi-&#233;quivalente &#224; celle de tirer &#224; pile ou face (50&nbsp;%) ; dix points d&#8217;avance, c&#8217;est une quasi-certitude. Un pourcentage d&#8217;intentions de vote ne dit rien de cette diff&#233;rence &#8212; une probabilit&#233;, si.</p><p><strong>L&#8217;&#233;lection a trois &#233;tages.</strong> Qui sera effectivement candidat ? Qui sera au second tour ? Qui gagnera le duel ? Un sondage de premier tour n&#8217;&#233;claire que le deuxi&#232;me. Il faut un mod&#232;le pour empiler les trois.</p><p>Ce type de mod&#232;le est courant aux &#201;tats-Unis depuis 20 ans &#8212; notamment ceux de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/FiveThirtyEight">FiveThirtyEight</a>, <a href="https://www.natesilver.net/p/nate-silver-2026-midterm-election-polls-model">Nate Silver</a>, <em><a href="https://www.economist.com/interactive/france-2022/forecast">The Economist</a></em>, qui avait d&#8217;ailleurs produit une pr&#233;vision pour la pr&#233;sidentielle fran&#231;aise de 2022. En France, aucun m&#233;dia n&#8217;en publie. C&#8217;est ce qui nous a d&#233;cid&#233;s.</p><h3><strong>Comment ca marche ? en trois &#233;tapes</strong></h3><p><strong>1. Agr&#233;ger les sondages.</strong> Tous les sondages publi&#233;s pour 2027 sont combin&#233;s en un indice par candidat, en corrigeant les penchants propres &#224; chaque institut et les &#233;carts entre hypoth&#232;ses test&#233;es. Un sondage r&#233;cent et large p&#232;se plus qu&#8217;un vieux sondage &#233;troit &#8212; mais c&#8217;est le mod&#232;le qui le d&#233;cide, pas nous.</p><p><strong>2. Apprendre du pass&#233;.</strong> Le mod&#232;le est nourri de l&#8217;historique complet des pr&#233;sidentielles depuis 1965 : tous les sondages que nous avons pu archiver, et les r&#233;sultats r&#233;els. Pour le tester, on lui <strong>cache une &#233;lection pass&#233;e</strong> et on lui demande de la pr&#233;dire, puis on compare. C&#8217;est ce qui permet de mesurer la qualit&#233; du mod&#232;le &#8212; et c&#8217;est le juge de paix : une id&#233;e n&#8217;entre dans le mod&#232;le que si elle am&#233;liore la pr&#233;diction de <strong>chaque</strong> scrutin, pas seulement la moyenne.</p><p>Cette barre est haute&nbsp;: <strong>plus de quatre-vingts pistes ont &#233;t&#233; construites, mesur&#233;es, puis &#233;cart&#233;es</strong> parce qu&#8217;elles ne passaient pas ce test. L&#8217;exemple le plus parlant est celui des fondamentaux &#233;conomiques &#8212; ch&#244;mage, inflation, pouvoir d&#8217;achat. L&#8217;id&#233;e est intuitive et les mod&#232;les am&#233;ricains s&#8217;en servent. Test&#233;e ici, elle &#233;choue : toutes les sp&#233;cifications pr&#233;disent moins bien qu&#8217;en n&#8217;en tenant aucun compte. La raison est fran&#231;aise &#8212; nos &#233;carts d&#8217;un scrutin &#224; l&#8217;autre sont domin&#233;s par la recomposition politique. 1995 et 2007 partent de fondamentaux presque identiques et donnent l&#8217;un l&#8217;effondrement du camp sortant, l&#8217;autre sa victoire.</p><p><strong>3. Simuler l&#8217;&#233;lection 50 000 fois.</strong> Plut&#244;t que de chercher une formule, on rejoue l&#8217;&#233;lection : chaque simulation tire au sort qui se pr&#233;sente, ajoute aux sondages une erreur de l&#8217;ampleur observ&#233;e dans le pass&#233;, puis rejoue le second tour. Les duels s'appuient d'abord sur les sondages d'hypoth&#232;ses de second tour, compl&#233;t&#233;s par des reports de voix mesur&#233;s dans les enqu&#234;tes men&#233;es les jours de scrutin r&#233;els &#8212; recal&#233;s sur les r&#233;sultats officiels, et confront&#233;s &#224; nos propres estimations bureau de vote par bureau de vote. &#171; 64 % de chances d&#8217;&#234;tre &#233;lu &#187; veut dire : &#233;lu dans 32 000 sc&#233;narios sur 50 000.</p><h3><strong>Ce que le mod&#232;le pr&#233;dit aujourd&#8217;hui</strong></h3><div id="datawrapper-iframe" class="datawrapper-wrap outer" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://datawrapper.dwcdn.net/ZS478/1/&quot;,&quot;thumbnail_url&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/1be4214d-9032-4368-912e-a81a3f8ef472_1220x694.png&quot;,&quot;thumbnail_url_full&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/1a1e2f0d-5d62-4fd3-8e69-a80b9187a945_1220x764.png&quot;,&quot;height&quot;:377,&quot;title&quot;:&quot;Les pr&#233;visions du mod&#232;le le 12 Ao&#251;t 2026&quot;,&quot;description&quot;:&quot;Create interactive, responsive &amp; beautiful charts &#8212; no code required.&quot;,&quot;belowTheFold&quot;:true}" data-component-name="DatawrapperToDOM"><iframe id="iframe-datawrapper" class="datawrapper-iframe" src="https://datawrapper.dwcdn.net/ZS478/1/" width="730" height="377" frameborder="0" scrolling="no" loading="lazy"></iframe><script type="text/javascript">!function(){"use strict";window.addEventListener("message",(function(e){if(void 0!==e.data["datawrapper-height"]){var t=document.querySelectorAll("iframe");for(var a in e.data["datawrapper-height"])for(var r=0;r<t.length;r++){if(t[r].contentWindow===e.source)t[r].style.height=e.data["datawrapper-height"][a]+"px"}}}))}();</script></div><p>Le chiffre de Le Pen surprend, et il m&#233;rite d&#8217;&#234;tre expliqu&#233; &#8212; parce qu&#8217;il ne veut <strong>pas</strong> forc&#233;ment dire ce qu&#8217;on croit.</p><p>Le mod&#232;le ne dit pas qu&#8217;elle est en position de force dans un duel donn&#233;. Face &#224; &#201;douard Philippe, les sondages de second tour la donnent &#224; <strong>50,0&nbsp;%</strong> en moyenne &#8212; dix vagues, six instituts : un pile ou face. Mais Philippe n&#8217;atteint le second tour que dans 55&nbsp;% des sc&#233;narios. Dans les autres duels &#8212; et notamment face &#224; M&#233;lenchon, o&#249; les hypoth&#232;ses test&#233;es la placent autour de 68&nbsp;% &#8212; elle l&#8217;emporte largement.</p><p>Sa probabilit&#233; de 64 % vient donc de deux choses : une qualification quasi certaine (98&nbsp;%), et une distribution d&#8217;adversaires qui lui est favorable. <strong>Plus de la moiti&#233; de ses chances de victoire proviennent de duels contre quelqu&#8217;un d&#8217;autre que Philippe.</strong></p><p>Le mod&#232;le ne dit pas non plus que c&#8217;est pli&#233;. Il donne <strong>34&nbsp;% de chances que le candidat arriv&#233; en t&#234;te au premier tour ne soit finalement pas &#233;lu</strong>, et 40&nbsp;% que le duel du second tour ne soit pas celui qui para&#238;t aujourd&#8217;hui le plus probable.</p><h3><strong>Des angles morts</strong></h3><p>Un mod&#232;le publi&#233; sans ses faiblesses est un mod&#232;le qu&#8217;il faut lire avec m&#233;fiance. Voici les n&#244;tres.</p><p><strong>Il ne conna&#238;t que les candidats que les instituts testent.</strong> Trente-sept personnalit&#233;s apparaissent dans les sondages 2027 ; vingt-deux sont trop peu mesur&#233;es pour &#234;tre mod&#233;lis&#233;es, dont plusieurs qui p&#232;sent 5&nbsp;% ou plus quand on les teste &#8212; Fran&#231;ois Ruffin, G&#233;rald Darmanin, Fran&#231;ois Bayrou, S&#233;bastien Lecornu, Xavier Bertrand. Or l&#8217;histoire nous invite &#224; &#234;tre prudent : <strong>en 1995, &#224; la distance exacte qui nous s&#233;pare du scrutin, Lionel Jospin n&#8217;apparaissait dans aucun sondage.</strong> Le cr&#233;neau socialiste &#233;tait occup&#233; par Jacques Delors, qui renon&#231;a en d&#233;cembre. Jospin n&#8217;apparait dans les sondages qu&#8217;&#224; compter du 6 janvier et arrive n&#233;anmoins <strong>en t&#234;te du premier tour</strong>.</p><p><strong>Jean-Luc M&#233;lenchon b&#233;n&#233;ficiera-t-il d&#8217;un &#8220;front r&#233;publicain&#8221;&nbsp;?</strong> Deux versions s&#8217;opposent : les sondages, qui lui donnent ~30&nbsp;% des suffrages dans un duel face &#224; Marine Le Pen, alors que les reports constat&#233;s lors des l&#233;gislatives de 2024 montrent le front a mieux fonctionn&#233; (~48 % pour les candidats LFI oppos&#233;s &#224; un candidat RN). Le mod&#232;le ne fait pas la moyenne de ces deux options : il les tire au sort, avec 30 % de chances pour le scenario &#171; l&#233;gislatives 2024 &#187;. C&#8217;est un choix &#233;ditorial assum&#233;, et il est d&#233;cisif &#8212; pouss&#233; &#224; 100 %, les chances de Jean-Luc M&#233;lenchon d&#8217;&#234;tre &#233;lu pr&#233;sident de la R&#233;publique passeraient de 4&nbsp;% &#224; 12&nbsp;%.</p><h3><strong>Le silence d&#8217;ao&#251;t</strong></h3><p>Pourquoi lancer ce mod&#232;le aujourd&#8217;hui&nbsp;? C&#8217;est le meilleur argument pour un mod&#232;le de pr&#233;vision.</p><p><strong>Aucun sondage pr&#233;sidentiel n&#8217;est paru depuis le 10 juillet</strong> &#8212; plus d&#8217;une mois de silence complet. Ce n&#8217;est pas une anomalie : c&#8217;est le trait le plus r&#233;gulier du calendrier fran&#231;ais. &#192; la m&#234;me distance du scrutin, chaque cycle a son trou estival &#8212; 65 jours sans sondage en 1994, 62 en 1987, 57 en 2016, 53 en 2001, 50 en 2006. Les instituts s&#8217;arr&#234;tent mi-juillet et reviennent fin ao&#251;t/d&#233;but septembre.</p><p>Ce mois de silence est pr&#233;cis&#233;ment le moment o&#249; un mod&#232;le sert &#224; quelque chose. Un sondage p&#233;rim&#233; reste un sondage p&#233;rim&#233;. Une pr&#233;vision, elle, sait de combien elle vieillit : l&#8217;incertitude s&#8217;&#233;largit m&#233;caniquement chaque jour o&#249; aucune information nouvelle n&#8217;arrive. C&#8217;est le param&#232;tre le plus discret du mod&#232;le, et c&#8217;est celui qui travaille en ce moment.</p><p>Une note pour finir sur les donn&#233;es : <strong>cette pr&#233;sidentielle est d&#233;j&#224; plus sond&#233;e que les deux pr&#233;c&#233;dentes</strong>. &#192; la m&#234;me distance du scrutin, nous comptons 49 vagues de premier tour pour 2027, contre 41 en 2016 et 36 en 2021. Les instituts ont commenc&#233; quatre ans et demi avant le vote &#8212; du jamais-vu.</p><p>Ce qui manque n&#8217;est donc pas le volume, mais la vari&#233;t&#233; : &#224; plus de trente candidats potentiels, les instituts ne testent qu&#8217;une poign&#233;e de configurations. C&#8217;est exactement la limite d&#233;crite plus haut &#8212; le mod&#232;le ne sait estimer que ce qu&#8217;on mesure.</p><h3><strong>Comparer avec les march&#233;s de pr&#233;diction</strong></h3><p>Les <a href="https://5erepublique.fr/sondages/marches-de-prediction">march&#233;s de pr&#233;diction</a> sont un outil relativement nouveau mais d&#233;j&#224; <a href="https://www.hollywoodreporter.com/tv/tv-news/fox-news-deal-kalshi-prediction-market-1236557283/">tr&#232;s utilis&#233;s par les m&#233;dias aux &#201;tats-Unis</a>. S&#8217;ils sont <a href="https://anj.fr/plateformes-de-marches-de-prediction-des-sites-illegaux-en-france-qui-peuvent-presenter-des-risques">interdits en France</a>, ca n&#8217;emp&#234;che pas les acteurs ext&#233;rieurs de parier sur l&#8217;&#233;lection fran&#231;aise. Sur <a href="https://polymarket.com/event/next-french-presidential-election">Polymarket</a>, 119 millions de dollars ont &#233;t&#233; mis&#233;s. Il est donc int&#233;ressant de comparer les pr&#233;visions de notre mod&#232;le aux &#8220;prix&#8221; que lui attribue le march&#233;&nbsp;:</p><div id="datawrapper-iframe" class="datawrapper-wrap outer" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://datawrapper.dwcdn.net/ayieK/1/&quot;,&quot;thumbnail_url&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/9f76fbfe-3e5c-4773-a8f4-58ae756ec2b7_1220x398.png&quot;,&quot;thumbnail_url_full&quot;:&quot;https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/ed6f60af-d91d-4046-b3e7-3d315f0ef1ec_1220x468.png&quot;,&quot;height&quot;:227,&quot;title&quot;:&quot;Notre mod&#232;le vs. les march&#233;s de pr&#233;diction&quot;,&quot;description&quot;:&quot;Create interactive, responsive &amp; beautiful charts &#8212; no code required.&quot;,&quot;belowTheFold&quot;:true}" data-component-name="DatawrapperToDOM"><iframe id="iframe-datawrapper" class="datawrapper-iframe" src="https://datawrapper.dwcdn.net/ayieK/1/" width="730" height="227" frameborder="0" scrolling="no" loading="lazy"></iframe><script type="text/javascript">!function(){"use strict";window.addEventListener("message",(function(e){if(void 0!==e.data["datawrapper-height"]){var t=document.querySelectorAll("iframe");for(var a in e.data["datawrapper-height"])for(var r=0;r<t.length;r++){if(t[r].contentWindow===e.source)t[r].style.height=e.data["datawrapper-height"][a]+"px"}}}))}();</script></div><p>Sur &#201;douard Philippe, accord quasi parfait. Sur les deux autres, un gouffre &#8212; que l&#8217;on retrouve sur <a href="https://kalshi.com/markets/kxfrenchpres/french-presidential-election/kxfrenchpres-27?utm_source=kalshiweb_eventpage">Kalshi</a>, l&#8217;autre grand march&#233;. Il se d&#233;compose en trois parties&nbsp;:</p><p><strong>Le risque de candidature.</strong> Polymarket cote s&#233;par&#233;ment <a href="https://polymarket.com/event/2027-french-presidential-election-who-will-be-on-the-ballot">la pr&#233;sence sur la ligne de d&#233;part</a> : <strong>Le Pen y est &#224; 85,5&nbsp;%</strong>, Philippe &#224; 81,5&nbsp;%. Notre mod&#232;le, lui, la suppose pr&#233;sente &#224; 100&nbsp;%. &#192; elle seule, cette diff&#233;rence retire m&#233;caniquement une dizaine de points &#224; sa probabilit&#233; d&#8217;&#234;tre &#233;lue.</p><p><strong>Le front r&#233;publicain.</strong> En poussant notre curseur &#224; 100 %, M&#233;lenchon passerait de 3,5&nbsp;% &#224; environ 11&nbsp;% &#8212; soit &#224; peu pr&#232;s le prix du march&#233;. <strong>L&#8217;essentiel de l&#8217;&#233;cart sur M&#233;lenchon s&#8217;explique par ce seul param&#232;tre.</strong></p><p><strong>Le cr&#233;dit accord&#233; aux sondages de duel.</strong> Le r&#233;sidu sugg&#232;re que les march&#233;s estiment que les sondages de second tour sous-estiment le vote anti-RN. Une correction de 4 points ferait tomber notre chiffre de 64 % &#224; environ 50 %.</p><p>Qui a raison ? Nous n&#8217;en savons rien &#8212; c&#8217;est tout l&#8217;int&#233;r&#234;t d&#8217;avoir les deux. Mais le d&#233;saccord est <strong>lisible</strong>, param&#232;tre par param&#232;tre, et c&#8217;est ce que nous voulions : publier non seulement un chiffre, mais les hypoth&#232;ses qui le produisent.</p><div><hr></div><p><strong>&#8594; </strong><a href="https://5erepublique.fr/sondages/prevision-2027">Les probabilit&#233;s, mises &#224; jour &#224; chaque sondage</a> </p><p><strong>&#8594; </strong><a href="https://5erepublique.fr/sondages/prevision-2027/methodologie">La m&#233;thodologie compl&#232;te</a> </p><p><strong>&#8594; </strong><a href="https://5erepublique.fr/sondages/marches-de-prediction">Les march&#233;s de pr&#233;diction, en direct</a></p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://news.5erepublique.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Merci d'avoir lu Ve R&#233;publique ! Abonnez-vous gratuitement pour recevoir de nouveaux posts et soutenir mon travail.</p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Tapez votre e-mail&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="S'abonner"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Bienvenue sur Vᵉ République]]></title><description><![CDATA[La politique fran&#231;aise en chiffres]]></description><link>https://news.5erepublique.fr/p/bienvenue-sur-ve-republique</link><guid isPermaLink="false">https://news.5erepublique.fr/p/bienvenue-sur-ve-republique</guid><dc:creator><![CDATA[Maxime Tiran]]></dc:creator><pubDate>Wed, 01 Jul 2026 20:01:39 GMT</pubDate><enclosure url="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!6DG6!,w_256,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F8b16a49c-4e54-4387-b8ee-ba41a938e43c_1000x1000.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Je m&#8217;appelle Maxime Tiran. Pendant dix-sept ans, j&#8217;ai travaill&#233; chez Google &#8212; &#224; Paris, &#224; New York, puis dans la r&#233;gion de la baie de San Francisco, o&#249; je vis aujourd&#8217;hui. J&#8217;y ai pass&#233; l&#8217;essentiel de ma carri&#232;re au contact des donn&#233;es : &#224; les collecter, les nettoyer, les faire parler. Et s&#8217;il est une chose qui me passionne plus encore que les donn&#233;es brute, c&#8217;est l&#8217;art de la rendre lisible : la visualisation.</p><p>Je suis aussi, je l&#8217;avoue, un lecteur compulsif d&#8217;actualit&#233;, des deux c&#244;t&#233;s de l&#8217;Atlantique. C&#8217;est en lisant assidument la presse fran&#231;aise et la presse am&#233;ricaine que j'ai fini par mettre le doigt sur un manque :</p><p>Aux &#201;tats-Unis, tout un &#233;cosyst&#232;me de journalisme de donn&#233;es s&#8217;est construit autour de la politique : agr&#233;gateurs de sondages, mod&#232;les de pr&#233;vision, cartes &#233;lectorales d&#8217;une pr&#233;cision redoutable. Des marques comme FiveThirtyEight ou The Upshot font d&#233;sormais partie du d&#233;cor m&#233;diatique.</p><p>En France, l&#8217;offre est plus rare. Le journalisme de donn&#233;es y progresse, mais reste l&#8217;exception ; et faute d&#8217;un v&#233;ritable agr&#233;gateur de sondages, je me suis souvent senti d&#233;muni &#8212; alors que notre vie politique en produit &#224; foison. Une frustration de lecteur, donc, plus qu&#8217;un reproche.</p><p>C&#8217;est &#224; cette frustration que V<sup>e</sup> R&#233;publique voudrait, &#224; sa mesure, commencer &#224; r&#233;pondre.</p><h2>Ce que vous ne trouverez (presque) nulle part ailleurs</h2><ul><li><p><strong>Les r&#233;sultats au niveau de chaque bureau de vote</strong> &#8212; la maille la plus fine qui soit, cartographi&#233;e, pour l&#8217;ensemble des scrutins depuis 2000.</p></li><li><p><strong><a href="https://5erepublique.fr/elections/candidats/">Le parcours &#233;lectoral des candidats</a></strong>, &#233;lection apr&#232;s &#233;lection.</p></li><li><p><strong>La grande majorit&#233; des scrutins </strong>de la V<sup>e</sup> R&#233;publique<strong> <a href="https://5erepublique.fr/elections/referendums/">(r&#233;f&#233;rendums</a></strong>, <strong><a href="https://5erepublique.fr/elections/senatoriales/">s&#233;natoriales</a></strong>)</p></li><li><p><strong>L&#8217;historique des sondages</strong> &#8212; et notamment les cotes de popularit&#233;, patiemment reconstitu&#233;es aupr&#232;s d&#8217;une douzaine d&#8217;instituts et remont&#233;es jusqu&#8217;en 1958, aux toutes premi&#232;res mesures de <a href="https://claude.ai/sondages/instituts/ifop-jdd">l&#8217;IFOP</a>.</p></li><li><p><strong><a href="https://5erepublique.fr/sondages/marches-de-prediction">Les march&#233;s de pr&#233;diction</a></strong> &#8212; ces plateformes o&#249; l&#8217;on parie sur l&#8217;issue d&#8217;&#233;v&#232;nements (&#233;lections, d&#233;cisions, etc&#8230;), et dont les cotes se lisent comme une probabilit&#233; en temps r&#233;el. Familiers des <a href="https://news.kalshi.com/p/kalshi-cnn-prediction-market-partnership">m&#233;dias</a> <a href="https://blog.google/products-and-platforms/products/search/new-google-finance-ai-deep-search/">am&#233;ricains</a>, <a href="https://www.cnbc.com/2025/12/04/cnbc-and-kalshi-strike-exclusive-partnership.html">qui</a> les <a href="https://www.prnewswire.com/news-releases/polymarket-and--announce-official-prediction-market-partnership-302475432.html">citent</a> <a href="https://www.yahooinc.com/press/yahoo-finance-to-launch-new-prediction-markets-and-crypto-hubs">volontiers</a>, ils restent largement m&#233;connus en France.</p></li></ul><h2>Une premi&#232;re &#233;tape</h2><p>B&#226;tir tout cela commence par un travail ingrat mais fondamental : collecter, agr&#233;ger et nettoyer les donn&#233;es de base. Les r&#233;sultats de (presque) toutes les &#233;lections depuis 1958, les sondages, les d&#233;coupages &#233;lectoraux successifs&#8230; C&#8217;est tr&#232;s largement ce chantier qui aboutit aujourd&#8217;hui &#8212; du moins &#224; une premi&#232;re &#233;tape.</p><p>Je ne pars &#233;videmment pas de rien. Ce travail doit &#233;norm&#233;ment &#224; celles et ceux qui l&#8217;ont pr&#233;c&#233;d&#233; et rendu possible : les instituts de sondage, <a href="https://www.data.gouv.fr/">data.gouv.fr</a> et l&#8217;administration qui l&#8217;alimente, le <a href="https://www.sciencespo.fr/cdsp/fr/">Centre de donn&#233;es socio-politiques de Sciences Po</a>, les travaux de Thomas Piketty et Julia Cag&#233; r&#233;unis dans <em><a href="https://unehistoireduconflitpolitique.fr/">Une histoire du conflit politique</a></em>, ainsi que les innombrables contributeurs de <a href="https://fr.wikipedia.org/">Wikip&#233;dia</a>. V<sup>e</sup> R&#233;publique agr&#232;ge, met en forme et donne &#224; voir ; l&#8217;essentiel de la mati&#232;re premi&#232;re, je la leur dois.</p><p>Je dis bien &#171; premi&#232;re &#233;tape &#187;. Tout n&#8217;est pas parfait : les scrutins les plus anciens r&#233;servent encore leur lot de trous et d&#8217;approximations, que je compte combler au fil du temps.</p><h2>Et ensuite ?</h2><p>Mon ambition est de passer progressivement des donn&#233;es brites &#224; l&#8217;analyse : proposer des lectures, des visualisations et des &#233;clairages innovants. L&#8217;actualit&#233; s&#8217;en chargera pour partie. La pr&#233;sidentielle se tiendra en mai prochain, et la campagne s&#8217;ouvrira d&#232;s septembre : autant dire que les occasions de faire parler les chiffres ne vont pas manquer.</p><p>Un dernier mot. V<sup>e</sup> R&#233;publique est, pour l&#8217;heure, une aventure d&#8217;un seul homme : j&#8217;en suis &#224; la fois l&#8217;ing&#233;nieur, le cartographe, l&#8217;analyste et l&#8217;auteur de ces lignes. Sa devise, je l&#8217;emprunte &#224; Tocqueville : &#171; Il faut une science politique nouvelle &#224; un monde tout nouveau. &#187; C&#8217;est l&#8217;objectif ambitieux que je me vise.</p><p>Qui dit une seule personne dit aussi une seule paire d&#8217;yeux, l&#224; o&#249; il en faudrait mille. C&#8217;est ici que vous entrez en jeu. Une erreur dans un chiffre, un scrutin manquant, une id&#233;e de visualisation, une critique de m&#233;thode : tout m&#8217;est pr&#233;cieux. Vous trouverez toutes les fa&#231;ons de me joindre sur la <a href="https://5erepublique.fr/contact">page contact</a> &#8212; formulaire de signalement ou <a href="mailto:contact@5erepublique.fr">e-mail</a> &#8212; et vous pouvez bien s&#251;r laisser un commentaire sous les publications. V<sup>e</sup> R&#233;publique sera meilleure si on la construit &#224; plusieurs.</p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://news.5erepublique.fr/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://news.5erepublique.fr/subscribe?"><span>S'abonner maintenant</span></a></p><p>Enfin, si le projet vous int&#233;resse, abonnez-vous : c&#8217;est gratuit, et vous ne recevrez qu&#8217;un e-mail par semaine environ &#8212; pas de quoi encombrer votre bo&#238;te de r&#233;ception.</p><p>Bienvenue. Et merci d&#8217;&#234;tre l&#224; d&#232;s le premier jour.</p>]]></content:encoded></item></channel></rss>